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Catastrophes climatiques: un dispositif juridique d’assurance s’impose

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La Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA) a plaidé samedi à Alger pour un dispositif juridique d’assurance permettant d’indemeniser les agriculteurs en cas de catastrophes climatiques comme la sécheresse.

« Il faut impérativement mettre en place ce dispositif (juridique) et de le doter de des capacités financières nécessaires », a indiqué le directeur général de la Caisse, Cherif Benhabilès, lors d’une rencontre nationale regroupant les Conseils interprofessionnels des filières agricoles.

Il a souligné que la CNMA avait eu l’agrément pour commercialiser l’assurance sécheresse, mais n’a pas pu le faire faute de dispositif dédié à ce produit qui nécessite des « moyens techniques et financiers très importants ».

En 2003, les pouvoirs publics ont instauré un dispositif d’assurance « CAT-NAT » (catastrophes naturelles) qui protège tout propriétaire d’un bien immobilier à usage d’habitation ou à usage professionnel contre les effets des catastrophes naturelles (tremblement de terre, inondations, mouvements de boue).

L’assurance agricole bientôt obligatoire dans la filière lait

« Malheureusement tous les risques agricoles, dont la sécheresse, ont été exclus de ce dispositif », a regretté M. Benhabilès, rappelant que les aléas climatiques perturbaient sérieusement la production agricole et menaçaient même la sécurité alimentaire du pays.                      

Pour sa part, le président du Conseil national interprofessionnel du lait, Tamni Azzeddine, intervenant lors de la rencontre, a avancé que le conseil travaillait pour rendre obligatoire l’assurance agricole dans la filière lait.

« Nous sommes en train de réfléchir pour rendre obligatoire la souscription d’une assurance agricole RC (responsabilité civile) pour tous les bénéficiaires du dispositif de soutien étatique relevant de notre filière », a-t-il fait savoir.

L’année dernière, la filière a été frappée par plusieurs maladies touchant au cheptel mais la majorité des éleveurs touchés n’étaient pas assurés, a-t-il regretté.

« Si l’assurance était obligatoire, on aurait pu indemniser ces éleveurs », a-t-il soutenu. 

La filière lait compte plus de 28.000 producteurs de lait qui bénéficient du dispositif de soutien dont 2090 collecteurs de lait, 315.000 vaches laitières et 116 laiteries.

Pour sa part, le directeur de la régulation et du développement agricole au ministère de l’Agriculture, Mohamed Kharroubi a mis l’accent sur l’importance de l’assurance dans le développement du secteur.

Il a fait savoir que les incendies ont déjà ravagé 450 hectares depuis le début de la saison moissonnage-battage il y a une vingtaine de jours.

« Le nombre des agriculteurs assuré est très faible, ce qui les expose à des pertes importantes en cas d’incendies », a-t-il souligné.